Carine R.
Abidjan · 14 avril 2026 · 8 min
Le jour où mon corps a dit non avant que ma tête comprenne
Le burn-out ne ressemble pas à ce qu'on voit dans les films. Ce n'est pas un effondrement spectaculaire. C'est une lente extinction. Un matin, tu te réveilles et tu n'arrives plus à lever le bras pour éteindre l'alarme. Pas de fatigue, pas de douleur — juste un vide sidéral là où était ta volonté.
J'avais 34 ans, un poste de directrice régionale, deux enfants et un agenda qui ne laissait aucune fissure pour exister.
Mon médecin a prononcé le mot "burn-out" et j'ai eu envie de rire. Moi ? Celle qui gérait tout, qui n'annulait jamais un rendez-vous, qui répondait aux mails à 23h ? C'est précisément là le problème, m'a-t-il dit.
La reconstruction a pris dix-huit mois. Elle passe encore. Mais j'ai appris à distinguer l'urgence vraie de l'urgence construite par mon perfectionnisme. Et ça, c'est une liberté que rien ne peut reprendre.